Historique
Nouveau document 2023
Les Plans SUSSEX PROUST
Références SHD (Vincennes)
Dossiers personnels des agents SUSSEX (rev 77, mise à jour 11 août 2025)
Agents SUSSEX
Arrêtés, déportés, morts en mission / déportation, et/ou rentrés
1 juin 2024 — Avertissement Plans SUSSEX & PROUST
Document d’information et de clarification relatif aux Plans Sussex et Proust.
LE PLAN SUSSEX
Dans le cadre de la préparation du débarquement en France, l’Etat Major du Général Eisenhower imagina en mars 1943 de créer un plan baptisé « Sussex », visant à mettre en place dans toutes les régions au nord de la Loire qui seraient zone de combats, des groupes de deux officiers observateur et radio placés en des points stratégiques. Ceux-ci devraient fournir aux alliés pendant et après le débarquement des informations permanentes sur l’armée Allemande, son ordre de bataille, ses mouvements de troupes et notamment ceux de ces divisions « Panzer », ses dépôts de matériels et de munitions, ses installations de rampes de lancement des bombes volantes V1 et V2 etc., afin que l’Etat Major puisse prendre les décisions opportunes et intervenir efficacement, notamment par des bombardements sur les convois, concentrations de troupes et de matériels.
Pour accomplir cette mission, 120 volontaires, tous français, furent retenus. Soumis à un entraînement intensif pendant plusieurs mois et formés à la technique du renseignement militaire par des instructeurs britanniques de l’Intelligence Service (I.S.) et américains de l’Office of Stratégique Service (OSS) à l’école de « Praewood House » près de St-Albans à une quarantaine de kilomètres de Londres, ils furent parachutés par groupe de deux dans les régions concernées.
Le travail de ces agents fut rude et difficile car la Gestapo et les services de détection allemands étaient de plus en plus performants et nombre d’entre eux furent arrêtés, torturés et abattus. Cependant le travail effectué par tous fut admirable et les américains ont pu déclarer après la guerre :
« L’activité des Sussex a été intense et les informations transmises des plus importantes. Les résultats obtenus dépassèrent largement les prévisions les plus optimistes ».
Le 17 octobre 1944, les Sussex envoient au Colonel Henderson une lettre lui demandant de poursuivre ensemble les opérations :
En témoignage de leurs faits d’armes, tous ces agents reçurent les plus hautes décorations britanniques ou américaines.
60 ans après, ces missions « ultra secrètes » commencent à peine à être connues du grand public. Ce musée est dédié à tous les hommes et femmes du Plan Sussex.
Le matériel et les documents exposés ici, sont les leurs et ont été utilisés lors de diverses missions.
Le recrutement
Le recrutement se fit dans toutes les armes de l’armée française (terre, air, mer) ; les deux Divisions Françaises Libres, ainsi que dans les divisions de l’armée d’Afrique.
Quelques volontaires, échappés de France par la voie des mers : soit de la Bretagne, soit en transitant par l’Espagne et son sinistre camp de Miranda, se présentèrent en Grande-Bretagne, mais la plupart provenaient encore d'unités basées en Afrique du Nord. La majorité venaient des zones interdites et avaient dû passer les barrages établis par l’ennemi, notamment la ligne de démarcation qui coupait la France en deux. Tous savaient comment se comporter en France occupée.
L’entraînement
L’instruction comprenait toutes les matières susceptibles de servir lors des missions à venir. L’activité physique très soutenue était dirigée par des sous-officiers des commandos de sa Majesté, et par des Marines américains dont l’un s’appelait Robichaud et l’autre Homola. « Les deux moniteurs en question furent pour nous de bons camarades, et des enseignants efficaces, mais… c’était parfois douloureux. On faisait tous les matins de l’entraînement au close combat pour pouvoir nous défendre en cas d’agression, mais surtout en cas de nécessité à tuer proprement, sans bruit et à mains nues en brisant les vertèbres cervicales ».
L’instruction portait également sur la connaissance des matériels ennemis : aviation, blindés, véhicules de tous types, reconnaissance des unités allemandes, grades, totems d’unité, son ordre de bataille, etc.
« On apprenait aussi à piloter les véhicules que l’on aurait peut être à utiliser en dehors de voitures, tels que des camions, des cars, des motos (connaissances peu courantes à l’époque), etc ».
À l’étude également le sabotage avec manipulations de toutes sortes d’explosifs, grenades, et autres « farces et attrapes ». Il y avait aussi des combats de boxe pour tester la combativité.
La topographie et l’orientation étaient par ailleurs au programme, l'enjeu était de savoir envoyer les coordonnées de futurs terrains pouvant servir aux divers parachutages d’hommes et de matériels, voire de baliser un terrain pour l'atterrissage nocturne d’avion de liaison, type Lysander.
Parmi les matières les plus importantes, en tout cas pour les « radios », se trouvaient les cours de chiffres pour apprendre à crypter et décrypter les messages.
Le complément indispensable à cette formation était bien sûr les cours de radio pour se familiariser avec les postes que les agents auraient à utiliser en mission. Il fallait aussi savoir disposer l’antenne, un simple fil électrique mais en acier de 6 à 8 mètres environ, qu’il fallait disposer de différentes manières, soit en ligne droite, soit en V, soit en L, etc., ceci permettant d’obtenir la meilleure réception possible selon l’endroit où se trouvait le radio. Ces postes étaient déjà très performants, puisque des liaisons radio Londres-Saïgon avaient été réalisées.
Ces radios tenaient dans des valises d’apparence ordinaire de style civil, et fonctionnaient uniquement en « graphie », c'est-à-dire en morse.
La formation parachutiste durait une semaine et se déroulait dans la fameuse école britannique des troupes aéroportées, à Ringway, près de Manchester.
L’équipement
Chaque agent Sussex était muni d'un équipement très complet qui lui permettait d'assurer sa mission en territoire occupé. Voici le détail de leur équipement :
Liste d'équipement de ....................................
Documents (obligatoires)
- Carte d'Identité
- Carte de ravitaillement
- Carte de textile
- Papiers de démobilisation
- Certificat de Recensement
- Certificat de Travail
Documents (auxiliaires)
- Permis de conduire
- Carte de Jeunesse Française
- Carte d'étudiant
Argent
.................. francs
Vêtements (sac de voyage)
- 1 costume usagé
- 2 chemises
- 1 cravate
- 2 paires de chaussettes
- 1 paire de souliers
- 1 camisole
- 2 caleçons
- 3 mouchoirs
Vêtements portés
- 1 chapeau, béret ou casquette
- 1 costume
- 1 chemise
- 1 cravate
- 1 paire de chaussettes
- 1 paire de souliers
- 1 camisole
- 1 caleçon
- 1 ceinture
- 1 mouchoir
- 1 manteau ou imperméable
- 1 paire de gants
- 1 écharpe
- 1 pull-over
- 1 ceinture argent
Articles de toilette (sac de voyage)
- 1 rasoir français (manche évidé)
- 2 savons pour la barbe
- 6 morceaux de savon
- 2 essuie-mains
- 1 miroir et peigne
- 1 paquet d'épingles à sûreté
- 1 brosse à dents
- 1 tube de pâte dentifrice
Trousse médicale
- British brown kit (SOE)
- 1 paquet à pansement français
Nourriture et tabac
- 1 ration pour 24 heures
- 1 ration pour 48 heures
- 8 tablettes de chocolat français
- 1 paquet de pilules stimulantes
- 1 réchaud meta
- 65 paquets de cigarettes françaises
- 6 boîtes d'allumettes françaises
- 41 paquets de saccharine
- 7 livres de café
- 2 petits sacs de tabac
- 1 kg savon de Marseille
Armes
- 1 révolver calibre .32
- 50 balles
- 1 couteau de commando
- 1 stylo lance gaz lacrymogène
- 2 grenades, type 69 ou 36
Cartes et instruments
- 1 boussole (lensatic)
- 1 règle (centimètres)
- 1 couteau de poche
- 1 loupe
- 2 crayons, rouge et bleu
- 1 gomme
- 1 bloc de papier à écrire
- 1 stylo
- 1 à 4 cartes de la région GSGS 1:50.000
- 4 réductions photographiques des cartes des régions adjacentes 1:100.000
- 1 plan de la ville
- 1 carte Michelin de la région — édition française
- 1 carte Michelin de la région — édition anglaise
Divers
- 2 blocs de papier QB
- 1 gourde de cognac
- 1 trousse de réparation bicyclette
- 1 bague ou un bouton de col boussole
- 1 lampe de poche
- 1 ampoule de rechange
- 3 piles de rechange
- 1 lampe électrique Américaine pour signaux (lentille mica, couleur verte)
- 1 couteau d'évasion à plusieurs lames
- 1 lime d'évasion
- 1 montre bracelet Suisse
- 1 paquet de pilules L
- 1 paquet de pilules K
- 1 portefeuille
- 2 enveloppes de bicyclette
- 1 nécessaire de réparation
- 2 paires de lacets
Observateur seulement
- 1 télescope de poche
- 1 bague en or évidée
- 1 crayon évidé
Radio seulement
Radio et matériel
- 1 émetteur et récepteur complets (TR1)
- 1 émetteur et récepteur de secours (Mark 21)
- 1 accumulateur de secours (Willard)
- 3 bouteilles d'acide sulfurique
- 1 rechargeur à main
- 1 tableau de signaux
- Codes
Ascension
- 1 émetteur
- 1 récepteur
- 1 accumulateur de secours (Willard)
- 1 rechargeur à main
- 3 bouteilles d'acide sulfurique
L’escadrille Sussex
Héraldique du 226 Squadron
Certaines équipes, surtout après le débarquement, furent équipées de postes spécifiques type radio-téléphone secret à ultra haute fréquence (UHF) dénommés S-Phone. Cette radio permettait par contre des communications sol-air directement avec un opérateur radio dans un avion. A ce propos, une escadrille spéciale composée d’avions « B25 Mitchell » sous le commandement du Squadron Leader Whinney, fut créée spécialement pour les missions Sussex qui utilisaient ce S-Phone.
Des aviateurs français parmi lesquels se trouvaient Joseph Kessel, le célèbre écrivain et journaliste, et son ami André Bernheim ont été intégrés au sein du 226 Squadron. Ces derniers se tenaient en liaison phonique avec les équipes « Sussex » au sol qui pouvaient ainsi guider les attaques de l’aviation et de l’artillerie alliées sur les concentrations de chars et de toutes les troupes ennemies.
Escadrille Carpetbaggers
Debout (gauche à droite) : Clinton Rabbit (Pilote) - Ernest Asbury (Co-pilote) - Floyd Olson (Navigateur) - Donald Leinhauser (Bombardier) - Art Bogusz (Mécanicien)
Accroupis : Nick Rasnak (Dispatcheur) - Steve Sianis (Radio) - Mike Tauger (Mitrailleur de Queue)
L'opération Carpetbagger
Le but de l’opération Carpetbagger était, lors de missions spéciales, d’approvisionner en armes et munitions les groupes de résistance en territoire occupé, de parachuter des agents appelés JOEs (BCRA, Jedburghs, OSS, Proust, SOE, Sussex) et de rapatrier vers l’Angleterre certaines personnes ...
Pour plus d'information, visitez le site de Roy Tebbutt sur le Carpetbagger Aviation Museum à Harrington (UK):
Les rapports de missions
Dans ces rapports figurent les types de missions effectuées, leurs agents et les équipages qui les ont menées à bien ...
Pour plus d'information, visitez le site de Thomas Ensminger, historien du 801 et 492ème Carpetbagger Bomb Group
- L E S E Q U I P A G E S -
L'équipage Stapel
Membres de l’équipage Stapel qui parachuta, dans la nuit du 10 au 11 mai 1944, les équipes Sussex « Diane » et « Ney » sur Neaufles sur Risle (Eure) dans le cadre de l’opération FIAT 6 (Mission Carpetbaggers n° 429A).
À propos
Dans le livre du Colonel Rémy.
Mémoire d’un Agent Secret de la France Libre
On peut lire la préface suivante écrite par le Colonel Francis Pickens Miller de l'OSS,
un des responsables américains Sussex :
Courtesy of the George C. Marshall Research Library, Lexington, Virginia
« L’occasion qui provoqua la rencontre de Rémy, de l’officier britannique qui a signé du pseudonyme de Wagon le deuxième tome de ses mémoires, et de l’officier américain que j’étais, produisit un magnifique exemple de coopération entre les services de trois pays différents, oeuvrant dans un but commun.
Chaque représentant joua sa part distinctive et appropriée dans l’élaboration des opérations.
Mais ce furent les français qui apportèrent à ces plans les éléments de réalisation.
En matière de renseignements, l’agent d’exécution est le facteur décisif :
Les plans peuvent être parfaits, l’équipement sans défaut, le temps et la chance peuvent se ranger de votre côté, mais c’est l’agent d’exécution, et cet agent seul qui compte en définitive pour la réussite.
La qualité suprême de cet agent réside dans son caractère.
Les mots me font défaut quand je songe aux qualités des hommes et des femmes, des jeunes gens et des jeunes filles qui partirent en mission pour notre compte commun.
Leur patriotisme était de l’essence la plus pure, et le courage dont ils firent preuve ne sera jamais dépassé par le courage d’aucun homme.
L’épreuve la plus sûre du caractère d’un individu se manifeste sous la torture.
Or dans cette opération que nous eûmes à diriger, aucun des agents torturés ne livra jamais le nom de ses camarades. Pas un !
Dans cette âpre et glorieuse conduite des ces hommes et de ces femmes, qui allèrent jusqu’au sacrifice suprême sans jamais faiblir, réside l’espoir qu’on peut placer dans l’avenir de la France dont je n’hésite pas à dire, moi citoyen des Etats-Unis d’Amérique, qu’il est notre avenir à tous ».
Colonel Francis Pickens Miller
Infiltrations
Document consultable au format PDF.
Témoignages
Témoignages et documents d’archives relatifs à des équipes Sussex et à leurs actions sur le terrain.
10 équipes Sussex parachutées en 1944 à Souppes-sur-Loing
Seine-et-Marne (France) — Témoignage de Gilbert Gaillardon (chef du maquis) et Maurice Esnault (adjoint)
Avec l’aimable autorisation de Monsieur Bernard Gaillardon.
Activités de l’équipe Sussex « Plainchant » (région du Mans)
Sarthe — d’avril à juillet 1944
Avec l’aimable autorisation de Monsieur Benoît J. Pedretti, Directeur des Archives Départementales de la Sarthe.
Fusillés & déportés
Document consultable au format PDF.
Album photos
Vidéos
Sélection de vidéos et reportages autour du Plan Sussex, de la résistance et des commémorations.
Vidéo (YouTube)
La Wantzenau: les missions Sussex au MM Park - BFM Alsace
Vidéo (YouTube)
Résistance française — vidéo réalisée pour le 80e anniversaire du débarquement
Merci à Charles Pinck et à l’OSS Society pour leurs aimables autorisations.
Exposition Sussex — MM Park (partie 1)
D’Day Live TV — Dominique Soulier (conservateur au Musée MM Park)
Exposition Sussex — MM Park (partie 2)
D’Day Live TV — Dominique Soulier (conservateur au Musée MM Park)
Le Figaro — Stories
Les « Sussex », ces agents secrets qui ont permis le débarquement en Normandie
France 3 Alsace
Inauguration de la stèle dédiée aux agents Sussex-Proust — MM Park